PROLOGUE : Mama I'm in love with a criminal







« Je te promets que notre couple durera, j't'abandonnerai pas, j'te délaisserai pas. Il n'y a qu'avec toi que je veux faire ma vie Sakura, j'pourrais pas concevoir un avenir sans toi, c'est impossible. Je sais qu'on est jeune et qu'on atteint tout juste la majorité, j'sais qu'on est que deux étudiants au revenu modeste et j'sais qu'on galèrera, mais Sakura, par pitié épouse-moi.
- Neji, je... je ne sais pas quoi te répondre, balbutia la rose.
- Je sais que je ne t'offre pas la plus belle vie, j'sais que j'ai pas grand-chose à offrir, mais j'veux pouvoir passer chacune de mes nuits à tes côtés, je veux pouvoir unir ma vie à la tienne, s'il te plait Sakura, je t'aime.
- Je t'aime aussi Neji, oui, marions-nous !
- Par contre, vu les revenus qu'on a, j'pense qu'au repas de mariage, ce sera pizza pour les invités, plaisanta l'Hyuga.
- Idiot, ria la rose. »

On était bien loin de cette époque, où ils vivaient d'amour et d'eau fraîche, à présent ils vivaient de sentiments inertes et de billets qui leurs bourraient le crâne. Sakura n'aurait jamais cru en arriver là un jour, autrefois, ils avaient formé un couple uni, elle l'avait connu à l'aube de sa jeunesse, et c'était immédiatement vu vieillir à ses côtés. Il avait tout pour lui plaire, un calme à toute épreuve, un côté tendre qu'il ne réservait, à l'époque, qu'à elle, un sourire qui la faisait fondre et des bras rassurants dans lesquels elle avait pu se blottir bon nombre de fois.
« Ne te marie pas Sakura, tu es encore trop jeune ! »
Voilà ce que sa mère lui avait alors dit lorsque Sakura avait fait part de sa décision, elle aurait dû l'écouter, mais sur le moment elle avait été aveuglée par l'amour qu'elle portait, à l'époque, à son mari. A présent, il n'y avait plus rien de tout ça, Neji était devenu un parfait étranger. Elle ne le reconnaissait plus. Il avait perdu de ce charme, ce je-ne-sais-quoi qu'elle ne pouvait expliquer, non, il ne l'avait plus. Sakura avait cette impression étrange d'avoir perdu un être cher. Elle avait définitivement perdu Neji. Cette idylle avec le beau brun n'avait été qu'une illusion pour laquelle elle s'était éperdument accrochée, en vain.
Souvent, elle le regardait, fixant chacune des parcelles de son visage, cherchant une petite partie de lui qui lui rappellerait, qui sait, l'être qu'elle avait autrefois aimé, mais rien n'y faisait. Chacun de ses traits étaient tirés, incernable, voilà ce qu'il était devenu. L'argent ne lui allait pas; c'était la conclusion qui avait naquit dans les pensées de la rose, après tout, n'était-il pas comme ça depuis que son entreprise avait obtenu le succès qu'il espérait tant ? Sakura, elle, était devenue sa chose. Cette simple pensée la dégoûta, mais c'était exactement ça. Pourquoi ne pas divorcer ? Elle n'en avait pas le courage, elle était prisonnière de cette situation de couple malsaine. C'était comme si un long fil les unissait, fil qu'elle n'avait pas le courage de couper.

Il était dans les alentours de huit heures du matin, le soleil tapait vivement, éclairant la chambre du couple, c'était difficilement que Sakura ouvrit les yeux, sous l'effet des rayons du soleil, les frottant légèrement avant de se redresser. En tournant son visage vers la gauche, la jeune femme soupira, voyant que Neji avait déjà quitté le lit, avant d'en faire de même en saisissant son peignoir de soie qu'elle enfila par-dessus sa nuisette. La rose se dirigea vers la salle de bain et prit une longue douche avant de descendre dans le salon. C'était effrayant à quel point cette maison était vide de vie, aucun bruit, seul le bruit pesant des aiguilles de la grande horloge fixée au mur se faisait entendre, pour le plus grand désarroi de la rose. Décidée à changer ça, la jeune femme alluma la télé, mettant les chaînes d'informations avant de se préparer à déjeuner.

« C'est lors de l'ouverture de sa bijouterie que le commerçant s'est dit choquée de ne rien retrouver : ses caisses étaient complètement vides et ses bijoux avaient disparus. La police tente à présent de retrouver le voleur, bien que pour l'instant, il n'y a aucune piste. Ce qui est d'autant plus étonnant est le fait que ce voleur ait pu s'introduire dans la bijouterie, malgré le système de sécurité. »

Sakura avait déjà eu écho de tous ces vols qui semblaient se multiplier avec le temps, mais elle devait avouer qu'elle n'y prêtait pas vraiment attention, après tout, tant que ça ne nous concerne pas, on n'y réfléchit pas. Elle termina de déjeuner tout en écoutant que d'une oreille, puis se leva et lava son bol avant de repartir vers sa chambre, c'est alors qu'elle vit, posé sur la table de chevet près de son lit, un mot auquel elle n'avait pas fait attention tout à l'heure. Elle le saisit alors de ses fins doigts.

« J'ai dû partir plus tôt que d'habitude, un gros dossier, j'en aurai sûrement pour un moment, je t'enverrai un message si mon retard prend plus d'ampleur que prévu, j'ai posé ta robe pour ce soir sur un cintre dans notre armoire, à ce soir, je t'aime. »

Elle avait tiqué sur le « je t'aime » que Neji lui avait écrit, il lui écrivait souvent sur ce genre de mots, mais depuis combien de temps ne lui avait-il pas dit en face ? C'était devenu une sorte de formalité, comparable à « mes salutations les plus distinguées » qu'on trouvait à la fin d'une lettre, à force, on n'y faisait même plus attention. Soupirant légèrement, la jeune femme passa une main dans ses cheveux. Tout ça, ça pouvait sembler n'être que des détails, mais n'était-ce pas dans les détails que le diable se cachait ? Aux yeux de la rose, cette expression décrivait en soi la situation. C'était un amas de détails qui, mélangé à un soupçon d'indifférence de la part de son mari, signifiait que leur mariage était sur une pente beaucoup trop glissante à son goût.

Cette histoire de robe, sur le moment, elle ne l'avait pas comprise. Que ce passait-il d'important ce soir ? Lorsqu'elle se souvint, la jeune femme passa une main dans ses cheveux, soupirant légèrement, exécrée d'avoir une mémoire auditive si réduite. Comment avait-elle pu oublier, alors que Neji lui avait encore rappelé la semaine dernière? Une soirée de charité allait avoir lieu, regroupant un bon nombre de personne aisée, qui participerait à une vente aux enchères, et dont tous les profits reviendraient à différentes associations, pour telle ou telle cause. Sakura savait déjà comment ce passerait cette soirée, comme toutes les autres, interminable et d'un ennui narcotique.

                                                                                                          [...]

Il était exactement vingt-deux heure vingt-sept, et cela faisait au moins un bon quart d'heure que Sakura épiait ardemment les aiguilles de sa montre sur son poignet gauche. Cette soirée était comme elle l'avait prédit : horriblement ennuyeuse. Aucun visage ne lui était familier, au contraire de Neji qui semblait connaître plus de la moitié des invités, il faisait alors systématiquement de rapides présentations, louant les qualités de son épouse, tout ceci accompagné d'un petit sourire sympathique de Sakura aux interlocuteurs du couple. Mais là, elle en avait assez, elle avait joué à l'épouse parfaite toute la soirée et tout ça commençait à lui taper sur le système. La rose partit alors rejoindre Neji, le prenant en aparté.

« Neji, je commence vraiment à fatiguer, et puis... les gens m'ennuient, finit-elle à voix basse.
- Très bien, je comprends, j'ai encore des choses à faire, je te passe les clés et tu rentres à la maison, ça te va ?
- Oui, mais et toi ?
- Je prendrai un taxi, ne t'en fais pas, avait-il répondu, sortant les clés de leur voiture de ses poches par la même occasion. »

La jeune femme prit les clés que son époux lui tendaient, avant que ce dernier ne l'embrasse sur le front, la laissant partir. Sortant alors de la salle de réception, elle se retrouva dans la pénombre de la nuit, avec comme seule mélodie le bruit de ses escarpins noirs qui claquaient au sol. De sa main gauche, Sakura tenait sa robe, afin que cette dernière ne traîne pas au sol et ne la fasse pas tomber. C'était affligeant d'avoir dépensé autant d'argent dans sa robe, pour une soirée à laquelle elle n'était restée que quelques heures, se fit-elle remarquer intérieurement. C'était une robe de créateur, longue et fluide vers le bas, près du corps au niveau du buste, d'une couleur bordeaux, s'accordant au maquillage léger de la jeune femme, constitué d'un fin trait d'eyeliner et de mascara. C'était en remettant une mèche de sa longue chevelure derrière ses oreilles que Sakura entra dans sa voiture, avant de poser ses mains sur le volant.

« Non, non et non. Je ne veux plus assister à tes soirées stupides. Et je ne veux plus être la chose que tu exposes tel un trophée devant ton associé et tes collègues. Je m'ennuie, Neji ! Je veux retrouver l'ancien toi ! fit-elle, partant dans un monologue, seule, face à son volant. »

Les monologues, Sakura les connaissait depuis un petit moment déjà, elle se retrouvait souvent à dire tout ce qu'elle n'avait pas eue le courage de dire en face à son miroir, ou là, à son volant. Se rendant compte de la stupidité de la chose, la jeune femme passa une main dans ses cheveux avant de se mettre à rire seule de son comportement frôlant, à ses yeux, le ridicule. Alors que la rose allait partir, son attention fut captée par des bruits suspects, elle tourna alors sa tête, regardant de sa voiture la salle de réception qui semblait se vider à grand pas. Ne comprenant pas ce qu'il ce passait, la jeune femme s'apprêta à partir, lorsqu'un homme cagoulé fit irruption dans sa voiture, ouvrant la portière du côté passager, s'asseyant à ses côtés, avant de pointer une arme sur sa tempe.

« Démarre et grouille toi, lâcha une voix grave. »

Il avait fallu moins d'une fraction de seconde pour que Sakura sentent son corps se raidir, ses mains s'accrochaient vivement au volant, tandis qu'elle n'osait pas tourner la tête et faire face à son interlocuteur. Elle ferma les yeux quelques secondes priant intérieurement un dieu auquel elle n'avait jamais cru afin de sortir de cette situation.

« Dépêche-toi je t'ai dis ! »

Le c½ur de la rose bâtait à tout rompre, il allait exploser. Cependant, face au ton autoritaire de son interlocuteur, la jeune femme démarra. Sakura avait passé son temps à se plaindre d'une vie qu'elle jugeait trop ennuyante, mais au vue de la situation, elle pouvait désormais le dire, elle aurait préféré s'ennuyer pendant des millénaires afin d'éviter la scène qui se jouait à présent.

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Bon et bien voilà, mon prologue est en ligne, signant ainsi le début de ma nouvelle fiction en quelque sorte! Je dois avouer que je ne sais pas trop quoi penser de ce prologue, disons que les débuts d'histoires ne sont pas les partis que je maitrise le mieux haha. Cependant, j'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire, et j'espère que vous avez pris du plaisir à le lire. Dans ce prologue, j'ai surtout instauré la relation entre Neiji et Sakura. Que pensez vous qu'il ce passera dans le premier chapitre? Pour rester prévenu il suffit de laisser un commentaire constructif sur cet article. Je tiens aussi à préciser que j'ai trouvée cette image sur Deviantart, mais que je l'ai modifiée, elle ne m'appartiens cependant absolument pas.
(+) Je tiens à remercier ma correctrice !♥
Je tiens aussi à remercier Mel pour avoir lut ce prologue et m'avoir donné son avis. J'attends vos avis avec impatiente!
Bisous, Ketsia.



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Comments :

  • rosalyne-cute

    23/01/2018

    Salut! Je viens découvrir ta fic, je viens de lire le premier chapitre et sincèrement j adore, tu a un bon style d'écriture, ton chapitre et très claire et bien espacer il accroche le regard!
    Je vais donc allez toute suite lire la suite!

  • sakuxxxsasu9211

    21/11/2017

    Super prologue !
    Les dialogues sont très bien construits, et pour moi, qui ne suis pas fan absolue des fictions sur le thème de la romance, il m'a donné envie de lire la suite !
    J'ai hâte de voir comment va s'installer la relation Saku-Sasu !

    Bonne soirée
    Mme Jw

  • loveJapoN

    27/06/2017

    Coucou je veux bien être prévenue bisous

  • tarada

    10/03/2017

    Coucou ça va?

    J'ai beaucoup aimer lire ta fiction elle est géniale et bien écrit et j'aimerais être prévenu pour la suite si c'est possible :) bisou

  • characterslovers67

    24/02/2017

    Je ne plaisante pas. Je vais vraiment te coller comme une sangsue. Mdr😂😂😂😂😂. Oui ça ma vraiment plue et je sens que la suite ça sera la même chose.

  • characterslovers67

    24/02/2017

    Hello ma belle je suis là💕 Et crois moi je ne suis pas prête de te lâcher je vais te coller comme une sangsue. Bon tout d'abord il faut que tu sache que ton prologue me fait rêver. D'ailleurs c'est l'un de mes fantasmes de me retrouver dans cette situation ( oui, oui tout vas bien dans ma tête ). Bien qu'avoir un mari si occupé ne m'intéresse guère, il faut avouer que pour les beaux yeux de sasuke je ferai n'importe quoi. Bref!!! Allez on va vers le chapitre 1.

  • Mitsuki-snape

    20/02/2017

    Super prologue *-*
    J'aime beaucoup ta plume. Elle est très fluide et légère.

  • sabaku-no-livna

    11/12/2016

    J'ai limite autant de gens fans de sasusaku qui lisent ma fiction que ceux que les aiment pas haha j'adore! xD
    ---> Ah bah ça c'est une première xD

    En même temps faut dire que je respecte pas vraiment les caractères c'est peut être ça qui jouent... à la base ma fiction devait être un TayuyaxSakon mais ça collait malheureusement pas donc voilà quoi ça donnent des caractères différents... bref je raconte ma vie xD Je suis contente que ton amie l'ai aimé malgré qu'elle aime pas le sasusaku en tout cas! :D
    ----> Tu veux dire que ... Sasuke n'est pas un émo ??? O.o OMG Je suis heureuse !
    Ah oui en effet c'est pas la même xD

    Je suis inscrite sur un répertoire et du coup j'aime bien faire un tours pour voir qui d'autre est inscrit et ton blog m'avait attiré car tu écris sur tes personnages différents, t'avais genre que du sasusaku et bam je tombe sur ton écrit donc voilà haha c'est super original je trouve :) C'était un os l'écrit si je me souviens bien :3
    ---> Oh merci ! Ca devait surement être celui là non ? http://sabaku-no-livna.skyrock.com/3279697878-OS-Mefies-toi-des-consequences.html

  • Histoire-De-Sakura

    03/11/2016

    J'ai beaucoup aimé ce prologue. Tu écris parfaitement bien. La description du mariage qui tombe peu à peu en miette est géniale ! Je vais continué, c'est sûre !

  • Sakura-fics-Sasuke

    26/10/2016

    Hé hé l'amie :) (salutation de merde XD)
    Je viens de finir le prologue!
    Premièrement ce que j'en pense:
    Ah je sens que je ne vais pas m'ennuyer dans cette histoire, désolée Sakura :P Ça commence fort, un mariage en ruine, un braquage, et un kidnapping momentané! La suite promet!

    Pour les corrections... Bon tes faiblesses sont beaucoup dans la structure de tes phrases. Parfois tu répètes des séquences inutiles, ou tu emploies trop de mots pour écrire quelque chose qui en prend peu, bref, en relisant un peu tu constateras quelques changements.
    Sinon des trucs auxquels tu pourrais faire attention: quand on inverse un sujet et un verbe on doit mettre un tiret entre les deux (ex.: suis-je?)
    Les incises sont séparées d'une virgule, pas d'un point (ex.: Idiot, ria la rose.)
    Et parfois tu oublies de terminer tes phrases par un point à la fin de tes paragraphes.
    Tu as aussi tendance à utiliser le même terme pour désigner ton personnage plusieurs fois en ligne, genre "la jeune femme", au lieu d'alterner.

    Bon ce sont mes petites remarques, que j'ai rectifié ;) en espérant que ça aidera un peu ^^
    Voilà le prologue:

    « Je te promets que notre couple durera, j't'abandonnerai pas, j'te délaisserai pas. Il n'y a qu'avec toi que je veux faire ma vie Sakura, j'pourrais pas concevoir un avenir sans toi, c'est impossible. Je sais qu'on est jeune et qu'on atteint tout juste la majorité, j'sais qu'on est que deux étudiants au revenu modeste et j'sais qu'on galèrera, mais Sakura, par pitié épouse-moi.
    - Neji, je… je ne sais pas quoi te répondre, balbutia la rose.
    - Je sais que je ne t'offre pas la plus belle vie, j'sais que j'ai pas grand-chose à offrir, mais j'veux pouvoir passer chacune de mes nuits à tes côtés, je veux pouvoir unir ma vie à la tienne, s'il te plait Sakura, je t'aime.
    - Je t'aime aussi Neji, oui, marions-nous !
    - Par contre, vu les revenus qu'on a, j'pense qu'au repas de mariage, ce sera pizza pour les invités, plaisanta l'Hyuga.
    - Idiot, ria la rose. »

    On était bien loin de cette époque, où ils vivaient d'amour et d'eau fraîche, à présent ils vivaient de sentiments inertes et de billets qui leurs bourraient le crâne. Sakura n'aurait jamais cru en arriver là un jour, autrefois, ils avaient formé un couple uni, elle l'avait connu à l'aube de sa jeunesse, et c'était immédiatement vu vieillir à ses côtés. Il avait tout pour lui plaire, un calme à toute épreuve, un côté tendre qu'il ne réservait, à l'époque, qu'à elle, un sourire qui la faisait fondre et des bras rassurants dans lesquels elle avait pu se blottir bon nombre de fois.
    « Ne te marie pas Sakura, tu es encore trop jeune ! »
    Voilà ce que sa mère lui avait alors dit lorsque Sakura avait fait part de sa décision, elle aurait dû l'écouter, mais sur le moment elle avait été aveuglée par l'amour qu'elle portait, à l'époque, à son mari. A présent, il n'y avait plus rien de tout ça, Neji était devenu un parfait étranger. Elle ne le reconnaissait plus. Il avait perdu de ce charme, ce je-ne-sais-quoi qu'elle ne pouvait expliquer, non, il ne l'avait plus. Sakura avait cette impression étrange d'avoir perdu un être cher. Elle avait définitivement perdu Neji. Cette idylle avec le beau brun n'avait été qu'une illusion pour laquelle elle s'était éperdument accrochée, en vain.
    Souvent, elle le regardait, fixant chacune des parcelles de son visage, cherchant une petite partie de lui qui lui rappellerait, qui sait, l'être qu'elle avait autrefois aimé, mais rien n'y faisait. Chacun de ses traits étaient tirés, incernable, voilà ce qu'il était devenu. L'argent ne lui allait pas; c'était la conclusion qui avait naquit dans les pensées de la rose, après tout, n'était-il pas comme ça depuis que son entreprise avait obtenu le succès qu'il espérait tant ? Sakura, elle, était devenue sa chose. Cette simple pensée la dégoûta, mais c'était exactement ça. Pourquoi ne pas divorcer ? Elle n'en avait pas le courage, elle était prisonnière de cette situation de couple malsaine. C’était comme si un long fil les unissait, fil qu'elle n'avait pas le courage de couper.

    Il était dans les alentours de huit heures du matin, le soleil tapait vivement, éclairant la chambre du couple, c'était difficilement que Sakura ouvrit les yeux, sous l'effet des rayons du soleil, les frottant légèrement avant de se redresser. En tournant son visage vers la gauche, la jeune femme soupira, voyant que Neji avait déjà quitté le lit, avant d'en faire de même en saisissant son peignoir de soie qu'elle enfila par-dessus sa nuisette. La rose se dirigea vers la salle de bain et prit une longue douche avant de descendre dans le salon. C'était effrayant à quel point cette maison était vide de vie, aucun bruit, seul le bruit pesant des aiguilles de la grande horloge fixée au mur se faisait entendre, pour le plus grand désarroi de la rose. Décidée à changer ça, la jeune femme alluma la télé, mettant les chaînes d'informations avant de se préparer à déjeuner.

    « C'est lors de l'ouverture de sa bijouterie que le commerçant s'est dit choquée de ne rien retrouver : ses caisses étaient complètement vides et ses bijoux avaient disparus. La police tente à présent de retrouver le voleur, bien que pour l'instant, il n'y a aucune piste. Ce qui est d'autant plus étonnant est le fait que ce voleur ait pu s'introduire dans la bijouterie, malgré le système de sécurité. »

    Sakura avait déjà eu écho de tous ces vols qui semblaient se multiplier avec le temps, mais elle devait avouer qu’elle n'y prêtait pas vraiment attention, après tout, tant que ça ne nous concerne pas, on n'y réfléchit pas. Elle termina de déjeuner tout en écoutant que d'une oreille, puis se leva et lava son bol avant de repartir vers sa chambre, c'est alors qu'elle vit, posé sur la table de chevet près de son lit, un mot auquel elle n'avait pas fait attention tout à l'heure. Elle le saisit alors de ses fins doigts.

    « J'ai dû partir plus tôt que d'habitude, un gros dossier, j'en aurai sûrement pour un moment, je t'enverrai un message si mon retard prend plus d'ampleur que prévu, j'ai posé ta robe pour ce soir sur un cintre dans notre armoire, à ce soir, je t'aime. »

    Elle avait tiqué sur le « je t'aime » que Neji lui avait écrit, il lui écrivait souvent sur ce genre de mots, mais depuis combien de temps ne lui avait-il pas dit en face ? C'était devenu une sorte de formalité, comparable à « mes salutations les plus distinguées » qu'on trouvait à la fin d'une lettre, à force, on n'y faisait même plus attention. Soupirant légèrement, la jeune femme passa une main dans ses cheveux. Tout ça, ça pouvait sembler n'être que des détails, mais n'était-ce pas dans les détails que le diable se cachait ? Aux yeux de la rose, cette expression décrivait en soi la situation. C'était un amas de détails qui, mélangé à un soupçon d'indifférence de la part de son mari, signifiait que leur mariage était sur une pente beaucoup trop glissante à son goût.

    Cette histoire de robe, sur le moment, elle ne l'avait pas comprise. Que ce passait-il d'important ce soir ? Lorsqu'elle se souvint, la jeune femme passa une main dans ses cheveux, soupirant légèrement, exécrée d'avoir une mémoire auditive si réduite. Comment avait-elle pu oublier, alors que Neji lui avait encore rappelé la semaine dernière? Une soirée de charité allait avoir lieu, regroupant un bon nombre de personne aisée, qui participerait à une vente aux enchères, et dont tous les profits reviendraient à différentes associations, pour telle ou telle cause. Sakura savait déjà comment ce passerait cette soirée, comme toutes les autres, interminable et d'un ennui narcotique.

    [...]

    Il était exactement vingt-deux heure vingt-sept, et cela faisait au moins un bon quart d'heure que Sakura épiait ardemment les aiguilles de sa montre sur son poignet gauche. Cette soirée était comme elle l'avait prédit : horriblement ennuyeuse. Aucun visage ne lui était familier, au contraire de Neji qui semblait connaître plus de la moitié des invités, il faisait alors systématiquement de rapides présentations, louant les qualités de son épouse, tout ceci accompagné d'un petit sourire sympathique de Sakura aux interlocuteurs du couple. Mais là, elle en avait assez, elle avait joué à l'épouse parfaite toute la soirée et tout ça commençait à lui taper sur le système. La rose partit alors rejoindre Neji, le prenant en aparté.

    « Neji, je commence vraiment à fatiguer, et puis… les gens m'ennuient, finit-elle à voix basse.
    - Très bien, je comprends, j'ai encore des choses à faire, je te passe les clés et tu rentres à la maison, ça te va ?
    - Oui, mais et toi ?
    - Je prendrai un taxi, ne t'en fais pas, avait-il répondu, sortant les clés de leur voiture de ses poches par la même occasion. »

    La jeune femme prit les clés que son époux lui tendaient, avant que ce dernier ne l'embrasse sur le front, la laissant partir. Sortant alors de la salle de réception, elle se retrouva dans la pénombre de la nuit, avec comme seule mélodie le bruit de ses escarpins noirs qui claquaient au sol. De sa main gauche, Sakura tenait sa robe, afin que cette dernière ne traîne pas au sol et ne la fasse pas tomber. C'était affligeant d'avoir dépensé autant d'argent dans sa robe, pour une soirée à laquelle elle n'était restée que quelques heures, se fit-elle remarquer intérieurement. C’était une robe de créateur, longue et fluide vers le bas, près du corps au niveau du buste, d’une couleur bordeaux, s'accordant au maquillage léger de la jeune femme, constitué d'un fin trait d'eyeliner et de mascara. C’était en remettant une mèche de sa longue chevelure derrière ses oreilles que Sakura entra dans sa voiture, avant de poser ses mains sur le volant.

    « Non, non et non. Je ne veux plus assister à tes soirées stupides. Et je ne veux plus être la chose que tu exposes tel un trophée devant ton associé et tes collègues. Je m'ennuie, Neji ! Je veux retrouver l'ancien toi ! fit-elle, partant dans un monologue, seule, face à son volant. »

    Les monologues, Sakura les connaissait depuis un petit moment déjà, elle se retrouvait souvent à dire tout ce qu'elle n'avait pas eue le courage de dire en face à son miroir, ou là, à son volant. Se rendant compte de la stupidité de la chose, la jeune femme passa une main dans ses cheveux avant de se mettre à rire seule de son comportement frôlant, à ses yeux, le ridicule. Alors que la rose allait partir, son attention fut captée par des bruits suspects, elle tourna alors sa tête, regardant de sa voiture la salle de réception qui semblait se vider à grand pas. Ne comprenant pas ce qu'il ce passait, la jeune femme s'apprêta à partir, lorsqu'un homme cagoulé fit irruption dans sa voiture, ouvrant la portière du côté passager, s'asseyant à ses côtés, avant de pointer une arme sur sa tempe.

    « Démarre et grouille toi, lâcha une voix grave. »

    Il avait fallu moins d'une fraction de seconde pour que Sakura sentent son corps se raidir, ses mains s'accrochaient vivement au volant, tandis qu'elle n'osait pas tourner la tête et faire face à son interlocuteur. Elle ferma les yeux quelques secondes priant intérieurement un dieu auquel elle n'avait jamais cru afin de sortir de cette situation.

    « Dépêche-toi je t'ai dis ! »

    Le c½ur de la rose bâtait à tout rompre, il allait exploser. Cependant, face au ton autoritaire de son interlocuteur, la jeune femme démarra. Sakura avait passé son temps à se plaindre d'une vie qu'elle jugeait trop ennuyante, mais au vue de la situation, elle pouvait désormais le dire, elle aurait préféré s'ennuyer pendant des millénaires afin d'éviter la scène qui se jouait à présent.

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